Située à plus de 100 kilomètres au nord de la Mecque du Cognac, la Maison Normandin-Mercier, nichée dans les Bois Ordinaires (1) à Dompierre-sur-Mer, fait figure de rescapée. Sur ce territoire d’Aunis autrefois piqué de vignes avant que le phylloxéra ne les raye quasiment de la carte, elle est avec Godet (2) la dernière maison de négoce du secteur. Dans ce désert d’eau-de-vie, cette survivance pourrait relever du miracle. Il n’en est rien. Les gènes de la résistance, tout comme les règles d’or de la distillation ont été germés dès 1872, acte de naissance de la société. «Jules Normandin, notre aïeul, était négociant à Châteauneuf-sur-Charente, près de Cognac. Très tôt, il a été convaincu que faire vieillir les eaux-de-vie en bord de mer leur conférerait moelleux et rondeur. Tout comme il a envisagé dès le départ, d’élaborer ses Cognac uniquement à partir des crus les plus prestigieux de Grande et Petite Champagne. La deuxième raison de ce déménagement au château de La Péraudière était la proximité du port de La Rochelle, d’où étaient expédiés fûts et bouteilles», explique Audrey Normandin, 47 ans, actuelle responsable du domaine.